Tsutomu Yamaguchi : le seul homme à avoir survécu aux deux bombes atomiques

Ce ressortissant japonais a enduré les bombardements d’Hiroshima le 6 août 1945, et de Nagasaki juste trois jours après. Il a consacré ses dernières années à militer pour le désarmement nucléaire, avant de décéder des suites d’un cancer en 2010.

Voici quelques uns de ces mots avant l’explosion des deux bombes nucléaires : «Je me trouvais sur un terrain plat et ouvert, avec des champs de pommes de terre de chaque côté», «C’était une matinée magnifique, il n’y avait rien de spécial et j’étais de bonne humeur. Pendant que je marchais, j’entendis un bruit d’avion, un seul.»

Après avoir survécu à ces horreurs, il a partagé ses expériences poignantes avec le monde, espérant éveiller les consciences sur les effets dévastateurs des armes nucléaires. Sa voix est devenue un symbole de la résilience et de la paix, lui qui a vécu deux des plus tragiques événements de l’histoire moderne. Son témoignage et son activisme ont contribué à sensibiliser sur la nécessité d’un monde sans armes nucléaires, son histoire restant un appel poignant à la réflexion et à l’action. C’est ce que nous allons vous relater aujourd’hui.

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6 aout 1945 : la visite familiale de trop pour Tsutomu

Le 6 août 1945 marqua une visite familiale tragique pour Tsutomu Yamaguchi. 

Le 6 août 1945, Tsutomu Yamaguchi avait prolongé son voyage d’affaires à Hiroshima pour visiter sa famille, ignorant que cette décision marquerait l’un des jours les plus tragiques de sa vie. Ce matin-là, il se dirigeait vers le chantier naval de Mitsubishi, où il travaillait en tant qu’ingénieur. Le ciel était clair et il appréciait la tranquillité de la matinée, lorsque soudainement, un avion américain, le Enola Gay, largua la première bombe atomique au-dessus de la ville. En quelques instants, une lumière aveuglante suivie d’une onde de choc féroce balaya tout sur son passage.

Tsutomu se trouvait à environ 3 kilomètres de l’épicentre. L’explosion l’envoya au sol, brûlant le côté gauche de son corps et perforant ses tympans, tout en le rendant temporairement aveugle. Autour de lui, les bâtiments s’effondrèrent, les incendies éclatèrent spontanément, et la ville tomba dans un chaos apocalyptique. Malgré ses graves blessures, il parvint à trouver refuge dans un abri antiaérien où, dans l’obscurité et la douleur, il commença à prendre la mesure de la catastrophe qui venait de s’abattre sur Hiroshima.

Un homme résilient et sans faille

Malgré les horreurs subies à Hiroshima, Tsutomu Yamaguchi manifestait une résilience inébranlable. Gravement blessé et profondément choqué, son unique pensée restait de rentrer chez lui à Nagasaki pour retrouver sa famille. Ignorant les risques pour sa santé et armé d’une détermination sans faille, il traversa un paysage dévasté pour atteindre la gare, prouvant ainsi une force d’esprit remarquable face à l’adversité la plus extrême.

9 aout 1945 : un hasard qui fait (très) mal les choses

Le 9 août 1945, Tsutomu Yamaguchi vivait une ironie cruelle du destin. À peine avait-il regagné Nagasaki, croyant avoir échappé au pire à Hiroshima, qu’une seconde bombe atomique frappait. Trois jours seulement après avoir survécu au premier bombardement nucléaire de l’histoire, il se trouvait une fois de plus dans la zone de dévastation, cette fois-ci en pleine réunion de travail chez Mitsubishi. La coïncidence tragique des événements le marqua à jamais, devenant ainsi le symbole vivant des effets dévastateurs des armes nucléaires et de la chance inouïe, douloureusement double.

Tsutomu Yamaguchi et le titre de double « hibakusha »

Tsutomu Yamaguchi est entré dans l’histoire en portant un titre singulièrement sombre : celui de double « hibakusha », terme japonais désignant les survivants des bombardements atomiques. Le 6 août 1945, il survécut à l’explosion nucléaire d’Hiroshima, subissant des brûlures sévères et des blessures graves. Incroyablement, il retourna chez lui à Nagasaki, juste à temps pour vivre le second bombardement le 9 août. Ces expériences traumatisantes le transformèrent en un ardent militant pour la paix et le désarmement nucléaire. Sa vie témoigne des capacités de résilience humaine et de la nécessité d’éviter de telles tragédies futures.

La fin de la vie de Tsutomu Yamaguchi

Tsutomu Yamaguchi a consacré les dernières années de sa vie à témoigner des horreurs qu’il avait vécues et à militer pour l’abolition des armes nucléaires. Il a partagé son histoire poignante à travers le monde, s’adressant à des publics variés, des étudiants aux leaders mondiaux, afin de sensibiliser à la cause du désarmement nucléaire. Il est devenu un symbole puissant des ravages de la guerre nucléaire et un porte-parole éloquent pour la paix.

En dépit de ses blessures et des radiations subies, qui ont marqué son corps et sa santé pour le reste de sa vie, Yamaguchi a continué à vivre activement jusqu’à un âge avancé. Il est décédé le 4 janvier 2010, à l’âge de 93 ans, des suites d’un cancer de l’estomac, laissant derrière lui un héritage de résilience et de plaidoyer pour un monde sans armes nucléaires. Sa disparition a été largement ressentie comme la perte d’une voix importante dans le combat contre les armes nucléaires.

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